{"product_id":"larticle-68-jean-jauniaux","title":"L'article #68 : Jean Jauniaux","description":"\u003cp\u003e\u003cb\u003eJean Jauniaux : L'ivresse du faux\u003c\/b\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e\u003ca href=\"https:\/\/lamiroy.net\/collections\/larticle\" style=\"font-size: 0.875rem;\"\u003eL'article\u003c\/a\u003e\u003cspan style=\"font-size: 0.875rem;\"\u003e \u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"font-size: 0.875rem;\"\u003ed'\u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"font-size: 0.875rem;\"\u003e\u003cstrong\u003eEdmond Morrel\u003c\/strong\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eIllustrations :\u003cstrong\u003e\u003cspan\u003e \u003ca href=\"https:\/\/lamiroy.net\/collections\/hugues-hausman\"\u003eHugues Hausman\u003c\/a\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/strong\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eEdito : \u003cstrong\u003eFrançois-Xavier Lavenne\u003c\/strong\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e\u003cspan\u003e\u003c\/span\u003eISBN :  978-2-39081-129-9          \u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003e\u003cspan style=\"color: rgb(0, 0, 0);\"\u003eParution : \u003cstrong\u003e\u003cspan style=\"color: rgb(255, 42, 0);\"\u003e1 novembre 2026\u003c\/span\u003e\u003c\/strong\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003ePrix : 5 €\u003c\/p\u003e\n\u003cp class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"\u003eEdito :\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eOn écrit toujours depuis l’ailleurs, depuis le flux d’un flou traversé d’impossible. Comment nommer l’autre et le même – celui qui ose écrire ? Celui qui pose un point de début et de fin dans la marge du temps, qui sillonne la limite, en fait un interstice ? Écrire pour refuser ce qui semblait écrit, imaginer des vies incompatibles et plausibles, rejoindre les fragments dispersés du silence, brouiller tout ce qu’on peut de réel et de rêve.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eQui est Jean Jauniaux ? Qui est Edmond Morrel ? Pourquoi la signature de l’un ou de l’autre ? \u003cbr\u003eEdmond Morrel n’est pas un pseudonyme classique – mais existe-t-il des « pseudonymes classiques » ? Il ne s’agit pas d’un masque. Encore moins d’un leurre. Il n’y a pas de démarcation fixe, de rôle strictement assigné – plutôt une coexistence fluide au sein d’une même posture auctoriale. Ce « système double », au sens où l’entend l’astronomie, est la reconnaissance, la mise en scène, l’exploration d’un inextricable, inhérent à la notion de texte. \u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDans cette relation soigneusement ambiguë, le nom de plume est généralement le nom de baptême. Edmond Morrel se réserve, dans un premier temps, les entretiens ; Jean Jauniaux signe les créations littéraires – les nouvelles, les poèmes, les pièces de théâtre et les romans. Mais, les rôles s’entrelacent. Jean Jauniaux fait des entretiens ; Edmond Morrel signe ce texte. Qui sait s’ils ne seront pas rejoints bientôt, dans cette danse des noms, par Aymeric Maleville ?\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLe réel n’existe que dans son dépassement. Le « Jean Jauniaux » qui tient la plume des textes de prose et de poésie ne doit sans doute pas être totalement confondu avec l’être qui porte le même nom sur les registres de l’état civil. Le moi du créateur est toujours « à la lisière » du moi de la vie quotidienne. L’écriture déploie cet entre-deux. De la fascination pour les paysages estompés de la côte, où le ciel et l’eau se confondent, à l’affection pour les figures de migrants, l’œuvre explore l’idée d’une frontière qui ne couperait pas, mais rejoindrait. \u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eMarges, Contre-Marges, le titre de ces séquences que Jacques De Decker a réalisées dans un duo parfait avec Edmond Morrel se prolonge, dans l’œuvre de Jean Jauniaux, par une attraction pour une marginalité, à la fois, spatiale et sociale. Elle définit une esthétique, inscrit la volonté de penser hors du cadre imposé. De l’infini de la plage à celui de la page, l’écriture n’existe que dans une zone d’indéfini fécond. Le personnage récurrent du sans-abri apparaît alors comme le double de l’écrivain. Il est l’habitant de la marge, à partir de laquelle il regarde le monde. Il est celui qui, parce qu’il n’a pas de maison, est potentiellement partout chez lui, peut entrer dans n’importe quel monde, dans chaque lieu, croiser toutes les vies, comme l’auteur navigue entre les mondes qui l’inspirent et qu’il crée. Le personnage principal du Jugement des glaces, est, de même, un être en redéfinition, en mouvement entre plusieurs ancrages, ce que symbolise le bateau et son installation avec les migrants au bord de l’eau, à Saint-Idesbald. Les monologues théâtraux s’inscrivent dans cet imaginaire et en soulignent la notion d’engagement. Ils mettent en scène des personnages rejetés, niés ou à l’existence trouble. À partir de cette situation de coupure, sous la menace des forces d’oppression qui veulent les réduire au silence, ils tentent de renouer le fil intime de leur parole pour élargir la marge par-delà la frontière du quatrième mur.\u003cbr\u003eLa lecture de fiction, dont Jean Jauniaux se fait l’ardent défenseur dans L’ivresse des livres, apparaît, dans cette logique, non comme une simple distraction, mais comme une force essentielle pour parvenir à habiter le monde. Elle est la manière de subvertir le pavillon des douanes du réel, d’y glisser, en contrebande, des hors-temps, des non-lieux, des multiplicités rayonnantes de jeu. Le texte n’agit pas que dans l’intériorité du sujet. Autour de lui se créent des espaces potentiels de rencontres et d’échanges.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eLa naissance d’Edmond Morrel s’inscrit dans cette dynamique et la fait sortir de la page. Edmond Morrel incarne la nécessité d’un pas de côté. Il est, au départ, celui qui va à la rencontre d’autres écrivains pour percer le secret de ce qu’est l’œuvre quand elle n’est pas encore œuvre, mais mise à l’œuvre.\u003cbr\u003eIl tente, avec eux, de cerner l’instant originaire où le fil de l’encre ouvre les possibles et s’insinue entre eux. Il garde un statut ambigu, que signale son nom où se croisent les références littéraires et, en particulier, deux personnages du Comte de Monte-Cristo. Edmond Morrel est, en somme, une fiction qui interroge les écrivains sur le pouvoir de leur fiction. \u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eCette distinction entre Jean Jauniaux et Edmond Morrel est certainement forcée, trop rationnelle. Il faut que l’autre et le même puissent s’intervertir, que l’ailleurs soit ici, que le vrai et le faux ne deviennent pas seulement indistincts, mais se renforcent. Le jeu de double ne révèle pas la différence, mais l’unité – ce qui fait que Jean Jauniaux et Edmond Morrel ne sont pas non plus tout à fait des hétéronymes. Leur relation fusionnelle est en devenir dans une redéfinition permanente au fil des textes et des entretiens.\u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eDécouvrons Jean Jauniaux dans les mots d’Edmond Morrel. \u003c\/p\u003e\n\u003cp\u003eFrançois-Xavier Lavenne\u003c\/p\u003e","brand":"Editions Lamiroy","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":55074085536073,"sku":null,"price":5.0,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0528\/9745\/files\/couverture68contour.jpg?v=1786876012","url":"https:\/\/lamiroy.net\/products\/larticle-68-jean-jauniaux","provider":"Editions Lamiroy","version":"1.0","type":"link"}