L'article #17 : Eddy Mitchell

€2.00

Eddy Mitchell : Claude Moine est un (rock) auteur.

L'article d'Alain Magerotte

ISBN : 978-2-87595-616-3

Parution le 1 février 2022

Prix : 4€ en version papier / 2€ en version numérique

(la version numérique vous sera envoyée par e-mail)

Disponible également en version numérique sur toutes les plateformes

Editorial :

Dans notre collection littéraire L’article, nous présentons à chaque fois un auteur.
Certains sont très connus, d’autres moins. Classiques, contemporains, anglophones, francophones, belges, français, écrivains, chanteurs,... Tous ont en commun d’écrire des textes, leurs textes.
Comme Claude Moine qui écrit les chansons d’Eddy Mitchell. Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que Claude Moine et Eddy Mitchell ne font qu’un !
Si Monsieur Eddy est acteur (« Coup de torchon », « Le bonheur est dans le pré », « Une femme peut en cacher une autre », « Les vieux fourneaux »), présentateur télé (« La dernière séance ») en plus d’être chanteur, il est également auteur. Une différence de taille avec son meilleur ami, Johnny Hallyday.
Il nous fallait un spécialiste d’Eddy Mitchell pour écrire cet article. Il n’était pas loin. C’est lors du lancement de son livre « Exorcisme à Berchem-Sainte-Agathe » qu’Alain Magerotte me confia sa passion de toujours pour « Schmoll ».

– Dites Mr. Eddy, ça vous vient d’où ce surnom ?
– Quand j’étais môme, j’étais grand. J’appelais tout le monde petit, en anglais cela faisait ‘small’ et cela a été déformé. Mais surtout, il y a une amie de religion juive, très proche, qui faisait les marchés. Elle m’appelait ‘schmock’ parce que je faisais tout le temps le con.

– Dites Mr. Magerotte, c’est qui avec eddy Mitchell sur cette photo ?
– Le gars avec la moustache, c’est Bibi. Quant à la blonde, c’est Anne, mon épouse. La photo a été prise le siècle passé dans les coulisses de l’Olympia.

Le début...

En 1984, près d’un quart de siècle après ses débuts, Claude Moine (véritable nom d’Eddy Mitchell) s’interroge sur ses racines en signant les paroles de « Nashville ou Belleville ». Si le gars de Belleville porte en lui, dans sa voix et ses gestes, la raillerie provocatrice du faubourg, il n’en est pas moins, dans ce beau pays de France, un des fers de lance de cette musique importée des USA qui a marqué d’une empreinte indélébile la seconde moitié du XXe siècle. Le mouvement rock étant d’origine populaire, Eddy Mitchell en garde toutes les attaches socioculturelles.

L’observateur aguerri constatera d’un air amusé qu’en fait notre homme a déjà fait la part des choses quelques années auparavant en privilégiant la Seine au vieux Mississipi ou en préférant le bourbon au faux whisky breton. Et s’il trouve les cheeseburgers plus tendres à Memphis, il déclare sans hésiter que le vin de Champagne est meilleur à Paris. Pas de doute, son choix est fait, il est « Français, made in USA ». Il est donc logique que ce soit vers cette Amérique qu’il nous entraîne le plus volontiers. Pays idéalisé mais rêve d’ado brisé cependant. Son Eldorado a changé. Pour rêver des USA, il ne reste que les grands espaces, le cinéma et la musique.  

Dès lors, il parvient à se montrer critique envers ce qu’il a adoré. Il y avait le rêve américain mais l’Oncle Sam a vendu du vent (« Good bye Gene Vincent »). Même la légendaire route 66 (« Sur la route 66 ») est maintenant sans vie, tombée en désuétude et que dire de tous ces interdits qu’il fustige avec humour (« J’aime les interdits ») ? Lorsqu’il s’agit d’aborder la tragédie des Indiens, Eddy se montre plus émouvant que jamais (« Le vieil indien et le western show »). Il nous raconte la récupération et l’exploitation des derniers survivants interprétant désormais leur propre rôle dans des spectacles pour touristes. Mais il n’y a aucune attaque véritable contre un quelconque régime politique à propos de ce génocide, cependant Eddy ne sera jamais dupe. Pas davantage lorsqu’il se retrouve, touriste en Alabama, mêlé malgré lui à une manifestation du « Ku Klux Klan », se demandant ce qu’il fout là et les couleurs des « Cartes postales d’Alabama » qu’il envoie à son ami de toujours, Johnny Hallyday, sont bien dépassées. Il salue le combat de Martin Luther King, lâchement assassiné (« Quelque chose a changé ») dans un pays où, hélas, la police bénéficie encore aujourd’hui d’une certaine impunité lorsqu’elle exécute sans sommation (« Les tuniques bleues et les Indiens »).


Photo : Maryline Moine

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