L’hôtel maudit
€10.00
L'hôtel maudit
Auteur : H. P. Lovecra?t
Titre original : The Cursed Hotel
Traducteur : Gorian Delpâture
Illustration : David Peeters
Editions Lamiroy
Parution : 1 avril 2026
ISBN : 978-2-39081-076-6
42 pages
Prix : 10 €
« The Cursed Hotel » est un faux texte de H.P. Lovecraft et « L’Hôtel Maudit » un vrai texte de Delpâture, publié à l’occasion du 1er avril 2026. Poisson d’avril !
Lew Shaw raconte dans l’article The Day He Met Lovecraft que Lovecraft avait écrit une histoire à propos d’un vrai incident : « À une époque, il y eut une jeune femme, une femme de chambre dans l’hôtel sur Benefit Street, qui est partie et s’est mariée dans la fortune. Quelque temps après, elle revint en visite à l’hôtel comme une cliente. Quand elle s’est retrouvée traitée discourtoisement et snobée, elle est partie en jetant une « malédiction » sur l’hôtel, sur tous ceux qui l’avaient humiliée, et sur tout ce qui concernait l’hôtel. Très vite, la malchance s’abattit apparemment sur tous et l’hôtel lui-même brûla. De plus, il n’a jamais été possible, d’une manière ou d’une autre, pour quiconque de reconstruire sur le site. » Lovecraft aurait écrit cette histoire mais, contrairement à son habitude, n’a pas préparé de copie carbone. Il l’aurait envoyée à un magazine mais elle se serait perdue dans le courrier. C’est ce manuscrit inédit et incroyable qui est tombé entre nos mains. Et c’est cette histoire que vous allez découvrir en exclusivité mondiale ! Malheureusement, on ne trouve aucune preuve de cette histoire dans la correspondance de Lovecraft.
Et pour cause : The Cursed Hotel est un faux texte de H.P. Lovecraft et L’Hôtel Maudit un vrai texte de Delpâture, publié à l’occasion du 1er avril 2026. Poisson d’avril !
Le journaliste et chroniqueur littéraire Gorian Delpâture propose une nouvelle traduction de ce récit dans une version particulièrement fidèle au texte de l’écrivain américain.
Avant-propos
Parfois, les hasards de la vie font bien les choses. Il y a quelques années, l’éditeur Eric Lamiroy décide de chercher des homonymes un peu partout sur la planète. Il se renseigne et découvre qu’il existe des Lamiroy outre-Atlantique, aux Etats-Unis. Il se met en contact avec l’un d’eux, John, un vieux motard du Rhode Island, qui décide même de prendre l’avion pour venir le rencontrer en chair et en os à Bruxelles. John, qui a assisté au concert de Jimi Hendrix à Woodstock pensait être un des seuls Lamiroy au monde. Les deux Lamiroy se révèlent être des cousins très éloignés - ils ont un ancêtre commun, Ignatius Lamiroy - et se promettent de rester en contact.
A l’automne 2025, je propose à Eric Lamiroy de traduire fidèlement les textes de Howard Phillips Lovecraft. Vous connaissez probablement la suite de l’histoire. Eric a accepté ce projet un peu fou et nous sommes en train de constituer une petite collection de nouvelles versions des œuvres de l’écrivain de Providence. Providence, ville du Rhode Island, l’état d’origine du cousin Lamiroy.
Lors d’un de leurs courriers électroniques, rares mais réguliers, Eric explique à son cousin d’Amérique qu’il publie les principales nouvelles de Lovecraft. Et c’est là que les orbes lumineux qui tournent placidement dans l’éther obscur s’alignent. John Lamiroy, aujourd’hui retraité, travaille bénévolement à l’Université Brown de Providence. C’est dans ces murs que sont conservés les documents qui composent la “Lovecraft Collection” : plus de mille livres et magazines, en vingt langues, écrits par ou sur Lovecraft, ainsi que plus de deux mille lettres, manuscrits ou essais originaux de la main de l’auteur de Providence. Beaucoup de ces documents inestimables ont été déposés à la bibliothèque quelques mois après la mort de Lovecraft en 1937 ; d’autres ont été achetés ou reçus par l’institution au fil du temps.
John participe notamment au classement, à l’inventaire, au rangement et à la classification de divers documents encore entassés dans les réserves de la bibliothèque. Et, dans une de ces vieilles caisses, se trouvait justement un paquet oublié d’achats d’œuvres de Lovecraft. Au milieu de quelques exemplaires rares des magazines “Weird Tales”, “Astounding Stories” et “National Amateur” se trouvaient les quelques pages manuscrites de ce “Cursed Hotel”, un texte inédit de Lovecraft, dont le cousin Lamiroy a immédiatement parlé à son parent éditeur.
Le texte étant libre de droits, et l’éditeur belge s’étant mis d’accord avec l’institution américaine, j’ai eu le grand honneur de traduire pour vous ce texte court et probablement appelé à être retravaillé par Lovecraft. Sa mauvaise santé ne lui en a pas laissé le temps.
Ce récit, inédit, n’est est pas pour autant totalement inconnu. On sait qu’en septembre 1935, il vient d’avoir 45 ans, Lovecraft s’interroge sur ses compétences d’auteur de fiction. Il ressent une impression d’échec et se demande s’il n’a pas choisi le mauvais moyen d’expression. Et il semble ne plus avoir écrit beaucoup de prose à partir de ce moment.
Pourtant, certaines de ses relations mentionnent des histoires écrites à ce moment mais jamais découvertes. Ernest A. Edkins, dans son essai “Idiosyncrasies of H.P.L.” (1940), raconte que, un peu avant sa mort, Lovecraft lui avait parlé d’un nouveau projet littéraire ambitieux, une sorte de chronique dynastique fictionnelle qui raconterait les mystères héréditaires et les destinées d’une ancienne famille de Nouvelle Angleterre. Malheureusement, on ne trouve aucune preuve de cette histoire dans la correspondance de Lovecraft.
Mais il y a aussi l’anecdote révélée par un certain Lew Shaw dans l’article “The Day He Met Lovecraft” paru en 1972. “Lovecraft avait écrit une histoire à propos d’un vrai incident,” raconte-t-il. “A une époque il y eut une jeune femme, une femme de chambre dans l’hôtel sur Benefit Street, qui est partie et s’est mariée dans la fortune. Quelques temps après, elle revint en visite à l’hôtel comme une cliente. Quand elle s’est retrouvée traitée discourtoisement et snobée, elle est partie en jetant une “malédiction” sur l’hôtel, sur tous ceux qui l’avaient humiliée, et sur tout ce qui concernait l’hôtel. Très vite, la malchance s’abattit apparemment sur tous et l’hôtel lui-même brûla. De plus, il n’a jamais été possible, d’une manière ou d’une autre, pour quiconque de reconstruire sur le site.”
[JOSHI S.T., “I Am Providence – The Life and Times of H.P. Lovecraft : volume 2”, Hippocampus press, New York, 2013, p. 1001.]
Shaw prétend que Lovecraft a écrit cette histoire mais, contrairement à son habitude, n’a pas préparé de copie carbone. Il l’aurait envoyée à un magazine mais elle se serait perdue dans le courrier.
C’est ce manuscrit inédit et incroyable qui est tombé entre les mains du cousin Lamiroy. Et c’est cette histoire que vous allez découvrir en exclusivité mondiale !
Écrite probablement vers 1936-1937, elle peut se lire comme un bilan littéraire de l’auteur. Lovecraft récupère ici le narrateur de la nouvelle “The Thing in the Doorstep”, un architecte, et en fait l’informateur malheureux du narrateur de “The Cursed Hotel”, lui aussi un spécialiste des bâtiments. L’hôtel décrit par Lovecraft, le “Whitestone”, semble être inspiré de l’authentique établissement “Blackstone” de Providence, qui existe toujours sous le nom d’“Hotel Providence”.
C’est un immense honneur d’avoir pu être le premier à traduire en français cette nouvelle inédite de Lovecraft qui, même si on perçoit certaines imperfections, n’en reste pas moins un récit... surprenant.
L’humeur de Jean-Claude Vantroyen :
un inédit de Lovecraft (Le Soir)
Via un de ses lointains cousins américains, l’éditeur bruxellois Eric Lamiroy est entré en possession de ce qu’on croit bien être un inédit de Howard Phillips Lovecraft, l’auteur de Providence, le créateur de Cthulhu, l’écrivain de l’horreur et des sombres mystères de la vie. Le cousin, amené au classement de divers documents encore entassés dans la bibliothèque de l’Université Brown, dans cette ville, y a déniché un récit nommé Cursed Hotel, sans doute écrit en 1936 ou 37, année de la mort de l’auteur.
L’immense bio définitive de Lovecraft
Comme le texte est libre de droits, Eric Lamiroy le confie à Gorian Delpâture, le journaliste de la RTBF qui a brillamment entamé la retraduction de tous les textes de Lovecraft, qui se met au travail avec enthousiasme. Et voici donc la trentaine de pages de cette histoire étrange et fantastique simplement baptisée L’hôtel maudit en français. Elle a été éditée par Lamiroy le mercredi 1er avril. Et c’est du vrai Lovecraft, dans la manière, le mystère et l’horreur.
Comment un journaliste de la RTBF s’est lancé dans la traduction de l’œuvre de Lovecraft
Lovecraft tenait une abondante correspondance. On n’y trouve cependant aucune trace de ce texte. Etrange ? Mais non. Car ce texte est un canular. Regardez bien : il est édité le 1er avril, le Lovecraft de la couverture est écrit Lovecra?t, un poisson se noie dans l’illustration et le texte est émaillé de références bizarres. Une mystification qui n’en est pas vraiment une, puisque la quatrième de couverture avoue, à l’envers mais quand même, l’amusante supercherie. Déçus, les fans de Lovecra?t ? Sans doute, oui, mais allez, lisez-le : le texte de Delpâture est digne du meilleur du maître de Providence…
Jean-Claude Vantroyen - Le Soir 2/04/2026

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