L'article #46 : Henri Van Lier

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Henri Van Lier, Philosophe à l'état pur

L'article de Luc Dellisse

Illustrations : Hugues Hausman

Edito : Maxime Lamiroy

ISBN : 978-2-87595-923-2 

Parution le 1 septembre 2024

Prix : 5 €

Disponible également en format numérique sur toutes les plateformes

Editorial :

Le visage de ce qui suit m’est bien trop connu pour que l’espace qui m’entoure ne s’assombrisse et que ne reparaisse devant moi la scène terrible : une nuit dévorant la rue Monge à Paris. Il ne lui reste plus qu’un quart de lumière à engloutir, défendue vaillamment par le réverbère. Dans cet ultime espace de résistance, alors que le temps marque la date du 18 juin 1939, trois ombres conspirent une évasion de taille. Un taxi, une femme et un homme. L’homme tend à la femme un manuscrit. Les mouvements sont tragicomiques. L’homme sent le malheur à venir, la femme croit à la farce. « Je sais qu’il va y avoir la guerre. Je le sais, je sens que nous ne nous reverrons plus. Excusez ces sinistres pressentiments. » lui dit-il dans un demi-rire – d’après la déposition de la femme. Ce n’est qu’un brouillon, une première version qui doit encore être travaillée, mais les « sinistres pressentiments » de l’homme l’ont poussé à donner cette copie de son travail à cette femme qui s’envole, non pour la mort, Rio et la Rua Madureira, mais pour Buenos Aires et la vie.

 Le 18 juin 1939, Victoria Ocampo repart avec un manuscrit qu’elle va garder précautionneusement avant d’apprendre la mort de son auteur, le poète et philosophe Benjamin Fondane. Ce texte qui fut pour cet homme « ce qu’il avait de plus précieux » rassemble les notes de ses différents entretiens avec son aîné, le philosophe russe Léon Chestov, mort en 1938. Il parut sous le titre : « Rencontres avec Léon Chestov ». Sans cet ouvrage, la connaissance de la pensée de Léon Chestov aurait été grandement réduite. Les discussions non seulement éclairent les propos tenus par le philosophe dans ses écrits mais donnent vie à ce penseur qui combattait quotidiennement la mort.

Luc Dellisse s’exerce dans cet article à la même entreprise d’hommage et aussi de justice à l’égard du philosophe belge Henri Van Lier. Et avec une grande joie, je découvre que l’homme qui a tenté de rassembler les connaissances humaines à la fin du XXème siècle bénéficie de la même récompense que le penseur russe qui a combattu toute forme de savoir. Chacun a eu le plaisir d’avoir un interlocuteur, et surtout un observateur. Un témoin qui peut rendre compte de la matérialité de la pensée, de son quotidien. Dans les deux cas, ce disciple inespéré est un poète. Ce n’est pas un hasard…

« Pas de nouvelles de vous, cher ami, où êtes-vous ? »

Lettre de Léon Chestov à Benjamin Fondane, 28 juin 1929

 

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