Si je savais

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Si je savais
Auteur : Thom Dewatt
Préface : Melissa Serena-Fernandez
Editions Lamiroy
Parution : 25 mai 2024
ISBN : 978-2-87595-925-6     
89 pages
Prix : 10 € (frais d'envoi offerts pour la Belgique)

Préface

Attention lecteurs, ici il est fait œuvre de poésie !

Dans une société qui peine à accorder à l’art la place qu’il mérite et qui recherche à tout prix l’utilitarisme, il peut sembler légitime de s’interroger sur la pertinence de la publication d’un recueil de « paroles » au sens générique de poèmes chantés. Ces textes aux thèmes et aux formes variés, qui se libèrent des contraintes classiques, sont souvent noyés dans le quotidien à tel point que l’inconscient collectif ne les conçoit même plus comme des poésies à part entière.

La première réponse que l’on tendrait à donner à cette question, lorsque la sensibilité artistique de celui ou celle à qui on la pose n’est pas nécessairement engagée, serait probablement négative. Cela ne servirait à rien ! Mais après cette réaction presqu’instinctive, marquons un temps de réflexion. Et si ces formes courtes, ces paroles, devenaient les témoins d’un moment privilégié ? Et si, quelle qu’en soit la portée, elles témoignaient de la vision intime et complexe d’un homme du XXIe siècle ?

La poésie n’a pas toujours bonne presse et passe pour un genre désuet qui, s’il n’est ni rappé ni slamé, n’a probablement plus sa place en librairie à moins d’avoir un nom consacré. Mais ce serait sans compter sur le courage d’éditeurs audacieux qui s’engagent néanmoins à reconnaître ainsi qu’à publier le travail d’artistes émergents, tels que Thom Dewatt.

Ce recueil rassemble les nouvelles Confessions d'un enfant d’un siècle différent dans lequel lui non plus ne se reconnait pas, dont il se sent parfois marginalisé, dont il doute et le seul moyen qu’il ait trouvé pour se sentir y appartenir c’est l’art, c’est l’écriture, c’est la musique.

À l’instar de certains Romantiques, il a le sentiment d’être « venu trop tard dans un monde trop vieux » comme le disait Musset. Cette époque le désenchante et il ne s’y reconnait plus. Que pourrait donc apporter dans ce contexte un recueil de poésies chantées s’inscrivant dans un canevas contraignant avec lequel l’artiste s’octroie toutefois quelques libertés ? Quel intérêt peut revêtir cette forme qui n’est plus lue ou si peu, dont on ne maîtrise plus les codes (ou si peu), dont on ne trouve plus la résonance (ou si peu), qui semble passée de mode, dont l’approche paraît si éloignée des habitudes contemporaines qu’elle occulte un profond besoin de retour à l’essentiel, à l’esthétisme, aux fondamentaux d’un texte pour une reconnexion sincère avec soi et le monde ?

Il a semblé judicieux à l’auteur de regrouper ses textes selon des thèmes spécifiques : les reconnaissances, les excès, le cœur, les inédits et l’épave. Le premier chapitre intitulé Les reconnaissances abrite trois textes qui illustrent plusieurs acceptions de cette notion : d’abord, Thom Dewatt rend hommage à ceux qui l’ont fait grandir et reconnait tout l’héritage et le bagage musical qui l’ont aidés à devenir auteur-compositeur-interprète. Vient ensuite Paris qui explore le thème du désir et du besoin de reconnaissance à son tour avant de parvenir à une consécration. Cette dernière, il l’obtient en octobre 2022 lorsque la Société académiques des Arts, Sciences et lettres lui délivre une médaille d’argent pour l’ensemble de son œuvre. En 2023, il reçoit également le premier prix de poésie Claude Ferrer.

Le second chapitre s’intitule Les excès. Étant bien un homme de son temps, Thom Dewatt tente une confrontation honnête avec ses propres faiblesses ou celles de la société comme du monde politique. Au centre de l’œuvre, il place Le cœur, berceau des sentiments qui oscillent parfois entre plaisir et douleur mais toujours pour tenter d’en extraire le positif. Les inédits quant à eux, regroupent des textes épars, parfois composés pour d’autres, qui ont traversé la carrière de l’auteur montrant son attrait pour les voyages et la culture. Il livre ses pensées sur les incohérences du monde et affiche son intérêt pour certaines causes sociales.
Enfin, inspiré par Baudelaire et ses Fleurs du Mal, Thom Dewatt abandonne une épave dans l’océan de la création pour s’éloigner de la toxicité de certaines personnes malintentionnées qui peuvent faire basculer une vie. Il dévoile une histoire vécue sous un prise métaphorique.

Ces textes sont donc le reflet d’une bribe de vie, une étape du chemin avec lequel Thom Dewatt a voulu prendre un peu de distance. Il tend la main à ses contemporains qui, sans doute, comme lui, cherchent à tromper la solitude en partageant ses interrogations les plus profondes.

Alors un recueil de poésies actuelles qui renouent avec leur tradition chantée, aujourd’hui, cela se justifie si pas pour penser (ou panser) le Monde autrement, tout au moins pour offrir un témoignage des impressions et de la sensibilité d’un être moderne qui traverse son siècle.

Melissa Serena-Fernandez

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