Croquettes en stock

€10.00

Croquettes en stock

de Xavier Huberland

Préface de Patrick Weber

ISBN : 978-2-87595-373-5 

Prix : 20€ / 10 € en format numérique

300 pages

Parution le 28 septembre 2020

Distribution : distribution@maisondelapoesie.com

Déjà disponible en format numérique sur toutes les plateformes

Ce dimanche 21 juillet 2013, un homme s’est enfin autorisé à décider de son destin. Son unique décision le concernant aura été de démissionner, plus précisément d’abdiquer puisqu’il s’agit d’Albert II, roi des Belges pendant 20 ans.
Sa première initiative d’homme libéré sera de se rendre incognito avec deux de ses petites-filles à la Taverne du Passage à Bruxelles pour y déguster leurs célèbres croquettes de crevettes.
S’ensuivra une soirée surréaliste dans une taverne remplie des personnalités qui font une partie de la ­petite Belgique. Avec, deuxième première de cette ­journée historique, une rupture de stock de croquettes au grand dam de Haddock, le chef, et de Nestor, un maître ­d’hôtel qui cache bien son jeu.

Un roman de belgitude, donc de surréalisme au ­service d’une trame de destinées et de filiations ­suscitées par un Albert en grande forme, au premier jour de sa vie où il aura enfin pu décider de son chemin.

Croquettes en stock est le quatrième roman de Xavier Huberland qui exprime ici sa profonde belgitude, avec la poursuite des thèmes de filiation et de destinée qui l’interpellent au quotidien.

Préface de Patrick Weber

Avant de passer à table…
Au royaume de la croquette


Dans sa boulimie architecturale, Léopold II avait rêvé d’ériger un panthéon aux gloires nationales belges. Projet qui ne fut jamais mené à son terme mais dont il demeure aujourd’hui une jolie voie de Koekelberg nommée « avenue du Panthéon ». Un panthéon doté d’une avenue mais inexistant sur le plan architectural, ce n’est que l’un des formidables paradoxes comme seule la Belgique peut les cultiver et les faire fleurir.
À sa manière, le livre de Xavier Huberland est aussi un panthéon dans lequel on croise une pléiade de célébrités belges venues de tous les horizons. Aujourd’hui, on parlerait de people… mais existe-t-il vraiment des people belges ? À ce jour, le débat reste sans réponse. Et quand on a fini de répertorier notre pépinière de talents (sur ce point-là, pas de débat) dans le monde du sport, de la chanson, de la B.D., de la télé et de la politique… on en arrive toujours à porter le regard sur le palais royal.
Au sommet de la Belgique trônent des rois qui, autre délicieux paradoxe, n’ont pas souvent eu l’âme belge. De toute évidence, le plus Belge de tous fut Albert II. Un roi zwanzeur comme le royaume rêvait d’en avoir un. Mais un roi qui n’avait pas choisi de l’être, contrairement à son fils Philippe qui exerce le métier avec un plaisir évident, mêlé d’un sens du devoir très Cobourg hérité de son oncle Baudouin.
À l’étranger, quand je participe à une émission à propos d’une affaire monarchique, on me demande souvent « comment peut-on vous présenter ? » Je réponds toujours « chroniqueur royal ». En Angleterre, mes confrères sont clairement estampillés « royalty watchers », en Belgique c’est forcément plus compliqué. Nous avons certes une monarchie mais pas de couronne. Chez nous, on « inaugure » le roi, on ne le couronne pas ! Côté faste et pompe royale, on a rangé depuis longtemps les carrosses au garage. Et quand nous avons fait la révolution en 1830, nous sommes devenus la plus républicaine des royautés.
Les Belges se disent rarement monarchistes et pourtant le souverain conserve, contre vents ardennais et marées ostendaises, une confortable cote de popularité. L’ancien Premier ministre Achille van Acker a déclaré un jour que les Belges avaient besoin de monarchie comme de pain. On peut discuter la formule mais on doit reconnaître que ce pays a toujours été gouverné – à l’exception de la brève révolution brabançonne et de l’intermède français pré-impérial – par des monarques. Ils régnaient depuis Paris, Madrid, Vienne ou La Haye mais ils portaient toujours une couronne. Dans la citation de Van Acker, je tiquerais personnellement sur le mot « pain ». Non pas que nous ayons à rougir du talent de nos boulangers mais parce que s’il existe une preuve irréfutable du génie du peuple belge en ce bas monde, c’est bien la croquette crevette. Rien que pour cela, ce livre mériterait d’occuper une place de choix dans notre panthéon des lettres noir-jaune-rouge.
Bon appétit, bonne lecture… et n’oubliez pas d’y ajouter quelques tiges de persil frit !

Patrick Weber

Écrire dans le seul but de divertir sous la forme parodique conduit à caricaturer avec bienveillance des personnalités existantes mais ce roman ne reflète en aucun cas leur caractère réel.

L'auteur espère simplement qu’ils s'en amuseront et leur assure tout son respect.

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