Falciato #141

€2.00

Opuscule #141

Auteur : Stéphane Maton-Vann

Titre : Falciato

Collection Opuscules

Parution : 26 juin 2020

ISBN : 978-2-87595-308-7 

Prix : 4€ ( + 1€ en envoi postal) / 2 € en format numérique

Disponible en format numérique sur toutes les plateformes

Élie s’échappe de sa montagne pour embrasser la vie. Il ne possède pas les armes pour découvrir l’amour et la ville. Alors, cette nuit d’automne, quand un rêve enfoui traversera sa route, son destin va s’abîmer dans les roches impitoyables et glaçantes… Un récit où les désirs se mêlent et les peurs s’écharpent.

L’homme dont s’inspire librement cette histoire repose au columbarium de la cathédrale nationale de Washington à la demande du président Obama. 

Stéphane Maton-Vann est un homme de théâtre, de lettres et de passion, formé à l’American Center (Paris) et au Laboratoire Grotowski. À 9 ans, il montait déjà sur des planches bruxelloises, à 17 ans il mettait en scène son premier texte. Persuadé, comme Oscar Wilde, que rien n’est vrai que le beau, l’esthétisme et l’humanisme dictent sa plume. Il a reçu les Prix de la Sabam et Prix Robert Urbain.

“Avec l'amour maternel, la vie nous a fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais”[i]. Le héros de Falciato, Élie, en fera la tragique expérience. Car à l’amour inconditionnel d’une mère juive, fille spirituelle de Groucho Marx et d’Hannah Arendt, et d’un père mécréant, bouffeur de curé, succèdera la haine la plus bestiale, celle des mâles sanguinaires à la virilité imaginaire. Enfant doué, fruit de la différence et de la tolérance, Élie avait fait sienne la douceur du Midi. Et personne ne songea à s’offusquer s’il préférait parler « chiffons » plutôt que voitures de courses et si la beauté des danseurs de l’opéra l’émouvait ; d’ailleurs on l’avait surnommé Élie jolie.

Mais tous les contes de fée ont une fin. C’est au lycée qu’il apprendra que la différence est impardonnable pour certains, là qu’il sera violenté, violé et que seul un silence sépulcral répondra à cette barbarie. Les fils d’« Orange Mécanique » sillonnent le monde, peuplent les routes, toujours embusqués, toujours en quête de sang. Élie jolie l’apprendra, au bord d’une route sans regard, une nuit où il avait cru voir surgir les prémices de l’amour.

Si le récit est glaçant, le verbe de Stéphane Maton-Vann est chatoyant, Généreux. Parlant de sa mère, il écrit : « A certaines vagues connaissances pernicieuses, elle me présentait comme son amant. On évite ainsi toute remarque perverse sur ta vie intime ! Papa l’appelait ma sorcière trop aimée. »  Et c’est toujours à Elle qu’il pense, écartelé en cette nuit d’horreur : « Tu vois Maman, même dans la haine, il y a une échelle. C’est avant tout du pédé que ces bêtes féroces sont venus casser. Le juif n’était pour une fois pas coupable. »

[i] Romain Gary, La promesse de l’aube. 

Colette Frère

Falciato n’est pas à proprement parler une nouvelle. C’est un récit, l’histoire terrible d’une vie, d’un moment de vie, qui a marqué profondément celui qui en a été victime, creuse un abîme.
Elie, né d’un père « bouffeur de curé, plutôt marxiste » et d’une mère juive, frère cadet de Karl. Autant Karl (« la très mâle progéniture » de son père), est solitaire et conflictuel, autant Elie est sociable, doux, élève studieux, rassembleur. C’est « le gentil fils à sa mère, l’objet de tout son orgueil, d’avoir pu concevoir une curiosité dont on deviserait dans les chaumières ». C’est qu’Elie, adolescent équilibré, est homosexuel, une homosexualité assumée de façon tout à fait naturelle, et acceptée par ses parents. Jusqu’à un certain jour de sa quinzième année où, dans les escaliers, au bout d’un couloir du lycée, « deux étudiants ont rompu cette quiétude » … A partir de ce moment, Elie comprend qu’il est devenu une sorte de cible. Cela ne l’empêche pas de vivre sereinement ce qu’il est, mais ses émotions « sont en hivernage », il n’ose pas s’attacher… Désenchanté, il se détache en quelque sorte de son corps et renonce pour ainsi dire à aimer.
Cinq ans après le drame du lycée, il revit une tragédie, un acharnement barbare dont nous ne dévoilerons rien de plus ici. Sauf que l’auteur met l’accent sur le hasard, l’ironie du sort, la fatalité qui vous « fauche sans la moindre émotion ».
Cet épisode nous rappelle combien la vie est une danse dangereuse et qu’à chaque instant, tout peut basculer sur l’autre versant, cela dépend le plus souvent de presque rien.
Dans les médias et pour le monde, l’on avait préféré « évoquer un fait divers et le faire échouer dans l’oubli ».
Ce récit fort, souvent dur, met en lumière le chemin qu’il reste à faire à l’humanité pour que tous acceptent et respectent les différences comme il se devrait…
Falciato… « Librement inspiré de faits réels et non de réels faits divers », comme indiqué en épigraphe…

Martine Rouhart (auteure, poétesse, vice-présidente de l’AEB)  

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