L'article #65 : Paul Nougé

€5.00

Paul Nougé : Le surréaliste aux velléités de poète de haïku

L'article d'Iocasta Huppen

Illustrations : Hugues Hausman

Edito : Gaëtan Faucer

ISBN : 978-2-39081-089-6            

Parution : 1 juin 2026

Prix : 5 €

Franz Kafka s'éteint en 1924, année officielle de la création du Surréalisme (même si le terme est déjà utilisé pour la première fois par Guillaume Apollinaire en 1917). Hasard ou coïncidence ? Je me pose la question. L'auteur de la Métamorphose ne croyait pas en lui. Le groupe de personnes qui fondera la branche belge du mouvement, non plus. En tous les cas, ils ne se prenaient pas trop au sérieux. Et quand c'est le cas, on existe encore et on s'en étonne. Preuve ultime, le Surréalisme est toujours là, un siècle plus tard. Avec ce mouvement artistique qui comprend surtout les lettres, la peinture et un indubitable état d'esprit, c'est une parcelle de l'histoire belge qui se dresse devant nous. Paul Nougé n'est pas le premier poète surréaliste présenté dans L'Article. On y retrouve Christian Dotremont, À perte de souffle (N°27) et plus récemment, Louis Scutenaire, Rendez-vous à la Luzerne (N°62), mais on peut également s'aventurer plus loin, avec plus d'audace : l'ami de Marcel Mariën (autre poète génial de la même veine) vient compléter ce trio surréaliste. Nougé se fera plus discret que les autres, mais il a créé des ponts, des passerelles. Se fait revuiste à ses heures, avec les revues Les lèvres nues ou Correspondance. Parmi elles, il accueillera une pléthore d'auteurs. Il écrira beaucoup, même des textes pour la chanteuse Barbara !  A l'instar de Magritte, il cassera sa pipe en 1967 mais, comme disait René, « Ceci n'est pas une pipe. » Alors, n'est-ce pas un beau voyage ? Je vous laisse en première classe, boissons incluses, avec Iocasta Huppen. Embarquez à ses côtés, le voyage est passionnant.

Gaëtan Faucer

Vice-versalité du haïku - Le carnet et les instants

D’autant plus louable que peut être étonnant et inattendu cet improbable essai !

Le titre choisi par Iocasta Huppen est le dit de la chose : Paul Nougé, le surréaliste aux velléités de poète de haïku. Un titre qui compte plus de lettres que de pages. Voyez ici, dans le mot « titre », un polysème qui désigne le titre et le livre lui-même. Cet exergue, je le crée pour tenter de partager en douceur la complexe légèreté avec laquelle l’autrice nous emmène, Paul Nougé et soi.

La transition entre ces deux paragraphes s’annonce un peu sensible mais le but de cet article est de vous faire connaitre tous les écrits publiés de son vivant par Paul Nougé.

Heureusement, l’intrépide ambition de cette intention ne peut sensiblement inquiéter le lecteur. Dans la collection des Éditions Lamiroy où s’inscrit ce 65e opuscule, la ligne éditoriale est aussi variée que variable. L’éditeur l’exprime d’ailleurs avec limpidité selon cette paraphrase de votre serviteur : « Le mensuel L’Article publie un texte sur un auteur écrit par un auteur qui n’a pas besoin de le relire pour écrire ». Le spécialiste l’est tellement qu’il ne doit plus y revenir.

Une autre thématique abordée par le poète surréaliste belge est l’amour que j’ai choisi d’illustrer par un poème et un extrait. Paul Nougé a toujours fait montre d’une vraie obsession pour les femmes (je ne vous apprends rien à ce stade de mon analyse) mais la plupart du temps, « ses » femmes se retrouvent nues dans des décors incongrus, parfois au-dessus des maisons, par tous les temps.

Heureusement que ceci ne se trouve pas sur les réseaux sociaux ! Quoique du haïku au surréalisme et vice versa, le présent ouvrage pourrait toujours réhabiliter le poète grâce aux très nombreux extraits cités par l’autrice. Tous sont courts, d’un format « social » idéal, puisqu’il s’agit de démontrer, par « l’analyse », que le fameux poème japonais de trois versets n’est jamais loin. Voire que Nougé en est une progéniture belgo-culturelle ; peut-être clandestine.

Le deuxième objectif recherché dans mon article est de répertorier quelques rouages de la pensée de Paul Nougé. Dans ce sens, j’ai identifié deux catégories : les rouages avouables et ceux qui ne le sont pas ou, plus exactement, qui ne le sont plus de nos jours.

Si on lit bien, relire un auteur passé à l’aune actuelle est devenu un exercice de courage subversif. Le danger est partout et tout le temps. La poésie nulle part et sans peur. Tel est le sentiment assaillant mon cœur de lecteur qui n’a décidément pas assez appris à juger et s’arrête encore à la curiosité. Il faut dire que celle-ci est pleinement assouvie grâce à ce texte où tout est curieux ; encore un polysème.

(…) À chaque instant, nous pouvons (…) tout attendre de nous-mêmes. Ainsi, quant à l’esprit, il n’y a plus de place pour le désespoir. dans Au palais des images les spectres sont rois de Paul Nougé.

Tito Dupret - Le carnet et les instants 

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