Kissionnaire

€3.00

Kissionnaire

Auteur : Gorian Delpâture

Préface : Thomas Gunzig

Illustrations : Yves Budin

Editions Lamiroy

Parution : 15 octobre 2014

ISBN : 978-2-87595-025-3

280 pages

25 € / 3€ en format numérique

Disponible en format numérique sur toutes les plateformes

Le livre

« KISS », quatre lettres, un logo et une marque qui invoquent immédiatement la furie et les excès du hard rock. Connus pour leur maquillage et leur jeu de scène outranciers, les musiciens qui se sont succédé au sein du groupe américain ont laissé une empreinte fumante et sanguinolente dans le grand livre de l’histoire du rock. Quarante ans après la sortie de son premier album, malgré les crises internes et les changements de mode mais fort du soutien de sa propre armée de fans et s’appuyant sur une montagne de disques d’or, KISS est toujours sur scène aujourd’hui. Le « KISSionnaire » est le tout premier dictionnaire consacré à Paul Stanley, Gene Simmons et leurs acolytes. De A comme « Ace Frehley » à Z comme « Zorro », vous découvrirez l’histoire d’un groupe incomparable prêt à tout pour réussir.

L'auteur

Gorian Delpâture est journaliste à la RTBF depuis l’an 2000. Passionné de littérature, il a intégré le service des sports avant de participer à l’expérience télévisuelle du « Projet X ». En 2004, il devient journaliste au Journal Télévisé. Il signe une demi-douzaine de reportages pour l’émission d’investigation « Questions à La Une ». Parallèlement, il devient chroniqueur littéraire dans les émissions télévisées « Mille-Feuilles » puis « Livrés à Domicile ». En 2008, il participe à l’adaptation en bandes dessinées du conte philosophique « Candide ou l’optimisme » de Voltaire, son écrivain favori. En 2010, il entre dans l’équipe de l’émission télévisée patrimoniale de prestige « Ma Terre » dont il écrit quatre numéros. Depuis 2012, il est également professeur de journalisme à l’Université de Mons.

 

L'illustrateur

Yves Budin est un illustrateur autodidacte liégeois.Il est, entre autres, l'auteur (textes et dessins) de 3 monographies expressionnistes : Miles Davis, Jack Kerouac, David Bowie. Il a également illustré « Allo Bowie ? C'est David ! » aux Editions Lamiroy. Expos, infos, bio, visuels & publications : www.yvesbudin.com

 

Préface de Thomas Gunzig

Je ne me souviens pas du tout de ma première rencontre avec Kiss. Ce dont je me souviens, par contre, c’est que longtemps Kiss m’a à la fois fait peur et fasciné. Évidemment la réaction de mes parents à la vue de Kiss doit en grande partie expliquer cette peur et cette fascination. Pour mes parents qui ne juraient que par la musique classique, l’élégance italienne et les discussions raffinées, les inclassables créatures grimaçantes du groupe new-yorkais étaient une véritable insulte esthétique qui ne pouvait plaire qu’à de pauvres âmes perdues. Pas à leurs amis, pas à leur famille, pas à leur gentil petit garçon.

Pour moi, il était donc hors de question d’aimer Kiss, d’écouter Kiss, d’avoir un poster de Kiss ou de laisser supposer que quelque chose en moi vibrait pour Kiss. Ce n’est pas que mes parents me l’interdisaient, non, c’était pire, ça leur aurait fait de la peine. Alors je ne montrais rien de mon intérêt séminal pour Kiss. À la vue de Kiss, à l’idée de Kiss, quelque chose vibrait en moi. Quelque chose qui vibrait fort.

Ce qui vibrait exactement, je ne pourrais pas l’expliquer : sans doute, des images du groupe, de ses membres qui semblaient se foutre de tout ce qui était important aux yeux de mon pathétique milieu social, de leurs tenues flamboyantes, de leurs bottes en diamants, de leurs clous étincelants, de leurs maquillages extravagants, s’échappaient une sorte de fluide vital dont le jeune adolescent que j’étais avait désespérément besoin, c’était comme si soudain je me rendais compte que j’étais une Ford Mustang et que Kiss était mon fuel.

Si l’imaginaire se forge durant l’enfance, c’est dans le brasier de l’adolescence qu’il prend sa forme définitive. Pour moi, l’adolescence c’était l’époque où je me glissais en cachette dans les salles de cinéma pour voir Mad Max 2 (qui était interdit aux moins de douze ans) et je retrouvais dans les vrombissements de la V8 « interceptor » et dans les gesticulations pornographiques du Seigneur Humungus les mêmes émotions troubles faites de violence explicite et de sensualité flottante que j’éprouvais à l’écoute de « I was made for loving you ».

J’étais à l’âge où, pareil à un drap, l’enfance vous glisse le long du corps et où le vrai monde vous apparaît dans toute sa passionnante férocité, vous ouvrant des perspectives électrisantes. Kiss, avec peut-être aussi Georges Romero, Bruce Lee, Charles Bronson, l’inspecteur Harry, Snake Plissken, The Warriors de Walter Hill et Conan le Barbare, plus que de la simple nourriture spirituelle, fut pour moi une partie de la chair et des os dont j’eus besoin pour terminer ma croissance.

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